Les conférences

Rome dans son histoire a conquis des territoires et fait des milliers de prisonniers de guerre : Carthaginois après les guerres puniques, Gaulois après la guerre des Gaules, Thraces… Ces prisonniers eurent un destin souvent terrible, l’esclavage.
A Rome, ou dans d’autres cités de l’Empire, c’est un marché aux esclaves organisé où plus de 10.000 individus sont vendus aux enchères comme “marchandises”. Véritables forçats, souvent des condamnés pour crimes graves, enchaînés jour et nuit, ils ne remontent du fond des mines à la surface qu’après leur mort. L’espérance de vie est très courte.
Ils sont aussi très nombreux dans les villae des campagnes italiennes et dans les grands domaines agricoles (latifundia) de l’Empire…

Bagnards de la terre, parfois enchaînés pour éviter leur fuite, travaillant par tous les temps,… Certains sont des esclaves domestiques présents dans toutes les familles romaines ménage, cuisine, garde-robe, gardiens, porteurs de litières… mais aussi Servi publici de l’état pour la construction des ponts, aqueducs et monuments, pour la voirie et l’administration…
Et aussi, esclaves sexuels dans les lupanars de Rome et des villes de l’Empire, qui proposent les services d’esclaves sexuels souvent venus d’Orient….
“L’esclave doit travailler ou dormir” disait Caton

Nous sommes en l’an 737, cinq ans après la bataille de Poitiers. Berbères et Omeyyades ont conquis toute la péninsule Ibérique et le pourtour méditerranéen.
Ils ont fait de la Narbonne wisigothe la capitale de leur cinquième province. Mais les troupes franques menées par Charles Martel ont mis le siège devant la ville. Une terrible bataille est inéluctable. Son issue sera lourde de conséquences pour la région et pour la France.

Michel Duret, diplômé de l’école Supérieure de Commerce de Toulouse, a animé pendant presque un demi-siècle une librairie à Port La Nouvelle où il est né. Passionné de culture, de théâtre depuis son plus jeune âge, il peint, écrit, chante, randonne, et s’intéresse à la nature et à l’histoire.

S’ouvrant sur les hauts plateaux lunaires de l’Aubrac, qui nouent sans difficulté le dialogue avec les plaines ondulées de l’Oklahoma, le long-métrage fait affleurer comme naturellement les profondes proximités qui relient les deux peuples. Ainsi, au-delà deux langues aux sonorités fascinantes, menacées puis sauvées, surgit soudain une évidente
parenté entre les bisons peints de la Grotte de Niaux, en Ariège, et ceux, encore tout de chair, d’os et de longs poils, qui paissent tranquillement les terres états-uniennes. Les danses de fêtes populaires occitanes paraissent soudain bien proches des danses rituelles osages, dans lesquelles les Indiens tressautent au rythme saccadé de leurs chants.

Nous vivons sur les bords de la Méditerranée, mais connaissons-nous les géants qui la peuplent et la parcourent ? Qui sont-ils ? Comment vivent-ils ? En quoi nous ressemblent t’ils ou plutôt leur ressemblons-nous car ils étaient sur terre longtemps avant nous… Le récit de cette aventure extraordinaire va vous emporter à la découverte de la Méditerranée et de ces géants tranquilles, de leur vie sociale, familiale, affective, des dangers qu’ils encourent dans notre Mare Nostrum marquée par l’histoire et le mode de vie des sapiens. Comment protéger la Méditerranée et ces créatures ?  

L’auteur vous contera cette histoire qui commence dans le bleu des océans en suivant le chant des baleines, car, avec cette conférence, c’est un nouveau volet sur l’histoire du vivant et du milieu qui nous entoure, dont nous formons part, qui s’ouvre, et, pour la première fois dans l’histoire du Musée Archéologique de Peyriac de Mer une conférence qui introduit la question du patrimoine vivant de notre Mer, si proche. 

Les archéologues pensaient avoir découvert l’essentiel des ruines mayas, mais le Lidar, une nouvelle technologie, a permis de révéler des milliers de structures cachées sous la végétation dense. Ce procédé a particulièrement impacté la cité de Naachtun, où une équipe du CNRS se concentre désormais. Malgré l’environnement hostile, les chercheurs savent où explorer. Les résultats de ces explorations pourraient transformer notre compréhension de cette civilisation, révélant des secrets même mille ans après son déclin.

« Chauvet, voyage aux origines » de Guy Padovani offre un aperçu unique de la Grotte Chauvet, une grotte ornée découverte en 1994 au cœur des gorges de l’Ardèche. Ce documentaire retrace l’histoire de cette grotte exceptionnelle, qui abrite des peintures rupestres parmi les plus anciennes et les plus spectaculaires au monde, vieilles de 36 000 ans. La grotte, façonnée par les mouvements de la terre et envahie par les eaux, a été occupée par des animaux et des hommes qui ont recouvert ses parois de dessins d’une beauté exceptionnelle. Dès sa découverte, la grotte est interdite au public, mais les rares scientifiques qui y pénètrent travaillent avec passion sur son histoire et sur les mystères qu’elle recèle encore. Le documentaire met en lumière les efforts de conservation et de protection de cette grotte précieuse, face aux menaces du réchauffement climatique.

L’homme de Neandertal, ou Néandertalien, est une espèce éteinte du genre Homo, qui a vécu en Europe, au Moyen-Orient et en Asie centrale, jusqu’à environ 40 000 ans avant notre ère. Il partage avec Homo sapiens un ancêtre commun remontant à environ 660 000 ans. Mais, a-t-il vécu dans notre Languedoc, et même plus précisément dans la Montagne de la Clape où se trouve ce lieu exceptionnel, la grotte de la Crouzade ?
La présentation des fouilles archéologiques actuellement menées à la grotte de la Crouzade dans le massif de la Clape à Gruissan permettront d’apprécier les découvertes des vestiges des derniers néandertaliens de notre région, déjà présents plus anciennement à la grotte des Ramandils à Port-la-Nouvelle, puis des premiers Hommes anatomiquement modernes porteurs des cultures du Paléolithique supérieur.

Que nous disent ces recherches pluridisciplinaires menées par les membres de l’unité de recherche de Tautavel ? Nous permettent-elles de mieux connaitre ces cultures du Paléolithique ?  de les caractériser ? et les replacer dans leur contexte chronologique et paléoenvironnemental en regard des autres séquences régionales ?  

Vendredi 31 mai, le foyer des Campagnes s’est peu à peu empli d’une foule de peyriacois,  de voisins spéléos sigeanais et même de curieux de la haute Corbière ou de Fontjoncouse venus écouter l’inclassable sigeanais Marc Pala. Eminent arpenteur de notre Corbière, de l’étang de Bages et de Sigean il connait admirablement les failles profondes et mystérieuses des épaisseurs calcaires de ces hautes collines qui barrent l’horizon nord de notre village.  

Ces épaisseurs calcaires rabotées par l’érosion de millions d’années ont enlevé à nos collines des hauteurs, pour nous insoupçonnées, de plusieurs centaines de mètres de roches. Pour ces lointains paysages disparus que nous ne pouvons qu’imaginer, Marc Pala usa d’une image en comparant la vallée du Rhône d’il y a 60 millions d’années au canyon du Colorado. Et, nos paysages, tout à coup, se découvrirent dans la rudesse d’une géologie qui ne travaille pas à l’échelle de nos vies, mais sur des temps immenses. 

Aujourd’hui, ces calcaires encore puissants abritent des eaux, à des profondeurs de plusieurs centaines de mètres. Çà et là ces eaux ressurgissent sur le littoral comme à La Palme ou Port-la-Nouvelle.    

Erudit et poète, mais aussi géologue et vigneron, Marc Pala a accompagné sa conférence par les photos de Robert Masquet, et conclut par une belle séance de dédicaces ses nombreux livres, sur l’ancienne frontière, l’île du Sainte Lucie, le panorama du patrimoine naturel de la narbonnaise (éditions du Parc Naturel de la Narbonnaise), ou le magnifique ouvrage sur les vents du Languedoc que les auditeurs se sont arraché.  

Cette conférence appuyait la belle exposition Corbières souterraines qu’abrite le Musée peyriacois depuis début mai, que le président de la société archéologique, Henri Fabre a invité le public à découvrir : richesse des cavités, grottes, refuges, sépultures ou abris de notre Corbière, ou découverte de ces mystérieuses et profondes masses d’eau qui, sous nos pas semblent attendre une éternité qui nous échappe.

Vendredi 10 mai, organisée par la société archéologique, Dominique Moulis, archéologue de la Ville de Narbonne jusqu’à récemment donnait une conférence sur la voie Domitienne en Languedoc et raviver l’intérêt qu’elle avait pu susciter au cours des années 80.  Il y a une quarantaine d’années, sous l’impulsion de Philippe Lamour, chargé au conseil régional, de planifier l’aménagement du territoire, le sujet de cette voie antique, considérée comme la colonne vertébrale de notre région, avait été élevé au rang de cause régionale. Une association avait été spécialement créée et généreusement subventionnée, pour coordonner les actions trans départementales visant à mette en valeur, sous des formes diverses, les vestiges de ce grand œuvre du génie civil romain. 
Cet engouement venu d’en haut avait alors favorisé l’émergence de recherches et de publications (bientôt suivies d’articles et d’expositions), d’intérêt général ou ciblant des aspects particuliers, liés au thème de la route. Hélas, ce mouvement n’a duré qu’une grosse décennie et par le fait de vicissitudes diverses : usure du temps, fluctuations politiques, il s’est essoufflé et a fini par s’assoupir. 

Depuis deux ans, un nouveau mouvement s’est fait jour, visant à améliorer les connaissances sur le sujet et l’abordant par la base et sous différents angles, à notre avis complémentaires : historique, topographique, patrimonial, touristique, environnemental… 
De petite groupes ont été constitués, au niveau local, pour mieux documenter ce monument particulier qu’est une route aménagée. Dominique Moulis est membre du groupe chargé du tracé de la voie dans le département de l’Aude.  
C’est ainsi qu’après avoir, tour à tour, évoqué le contexte politique dans lequel a été décidé l’aménagement de la voie, abordé la question des buts poursuivis par le colonisateur romain (relier l’Italie à l’Espagne par un itinéraire terrestre sécurisé), traité le problème de la construction, de l’itinéraire, du contournement des obstacles, la conférence se proposait d’inviter le public à un voyage ( ou plutôt une randonnée) le long du tracé audois de la via Domitia. Cet itinéraire partait du pied de l’oppidum préromain d’Ensérune et abordait le département de l’Aude au coude de Pontserme,  pour filer droit vers Narbonne. Au-delà, il longeait l’étang de Bages-Sigean, passait au large de Peyriac et de Sigean, traversait la plaine de Roquefort et celle de Lapalme pour aller se perdre à l’étroit de Fitou. 

Autant ludique qu’informatif la conférence de Dominique Moulis a montré que la première route constituée de notre pays – comme un monument traversant un paysage – modelait et conditionnait encore notre quotidien familier.